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Geoffrey initie la Team G-ON aux premiers secours

Si Geoffrey est un collaborateur émérite de notre team, c’est aussi un pompier volontaire. C’est donc tout naturellement que nous lui avons demandé s’il pouvait nous former aux gestes de premiers secours.



Attention : cet article est là pour rappeler en partie le contenu de cette initiation, pour en garder une trace écrite, mais elle ne remplace en rien une vraie formation. Il n'a pas vocation à se substituer à une formation, car il y a plein de subtilités qu'il serait trop fastidieux de rendre compte ici. Il faut toujours s'adapter à la situation et ne pas reproduire mécaniquement ces conseils.
Les gestes ne sont qu'une caisse à outils, et la formation est là pour savoir de quels outils vous disposez, ce qui vous permettra de gagner du temps et de ne pas paniquer, mais c'est votre intelligence de la situation qui vous permettra de savoir quel outil mettre en oeuvre, et la formation vous permettra justement de vous poser les bonnes questions avant de choisir le geste adéquat.

Alors que nous venons tout juste de commémorer le 3e anniversaire des attentats qui ont touché Paris le 13 novembre 2015, c’est en rappelant ce triste événement que Geoffrey a commencé sa formation : « J’ai réalisé que je devais savoir quels étaient les gestes qui sauvent, pour pouvoir agir si je me retrouvais face à des personnes en détresse vitale ».


Infographie AXA (Sources : Croix Rouge, 2013 - Fédération française de Cardiologie, 2008 - Le secourisme en France, panorama et perspectives, 2011, Académie nationale de médecine, Lavoisier - Centre d'analyse stratégique, février 2013 - Etude Reac, registre électronique des arrêts cardiaques, 2013 - Inserm, 2011)

Si les pompiers et la Croix-Rouge ont observé une hausse des demandes de formation en secourisme après les attentats, les Français peuvent mieux faire dans ce domaine. Selon un sondage Ifop pour la Croix-Rouge de nov. 2016, seule la moitié des Français avait déjà bénéficié d’une formation ou d’une initiation aux gestes des premiers secours, alors que ce taux dépasse les 90% dans les pays scandinaves.


Côté G-ON, si certains membres de l’équipe ont déjà pu se former, une petite piqûre de rappel est toujours nécessaire. D’autant plus que, dans une telle situation, les personnes en détresse sont souvent des proches. Face à des êtres chers, être préparé permet de mieux surmonter la difficulté émotionnelle inévitable.


C’est pourquoi, pour les néophytes comme pour les autres, cette initiation était bienvenue, organisée pour l’occasion dans un studio de danse des Grands Boulevards, le lundi 5 novembre.


Les gestes de premiers secours sont là pour palier à l’absence des pompiers et urgentistes qui pourront ensuite prendre le relai. Il faut donc penser à les prévenir ! En plus du 15 (SAMU) et du 18 (pompiers), un numéro d’urgence commun aux pays de l’Union européenne existe : le 112.


Face à une situation d’urgence, il faut se poser 3 questions, qui détermineront les actions à mener.

1- Est-ce que la personne est consciente ? (fonction neurologique)

2- Est-ce qu’elle respire ? (fonction ventilatoire)

3- Est-ce qu’elle saigne ? (fonction circulatoire)


Voici les différentes situations d'urgence :


« La fausse route » : la personne est consciente, mais elle ne respire pas. Un objet, souvent alimentaire, obstrue totalement la voie respiratoire. Exemple-type, les noyaux d'abricot ou les saucisses knacki pour les enfants (bien penser à les couper en longueur). Dans ce cas d’étouffement, la personne n’arrive ni à parler, ni à respirer, ni à tousser pour éjecter l’objet de son inconfort, et il faut réagir vite, puisqu’avec la panique, tout peut se jouer en 30 secondes. Il faut donc provoquer l’expulsion avec la célèbre méthode d’Heimlich.


Ceux qui ont vu le film Mrs Doubtfire se rappelleront de cette scène mémorable où le regretté Robin Williams, grimé en vieille dame, sauve Pierce Brosnan tout en révélant son identité.



À ne pas prendre en exemple par contre. Il faut en effet commencer avec 5 claques dans le dos avec la paume de la main, et alterner ensuite avec la méthode d’Heimlich, reproduite 5 fois. Puis recommencer le cycle.



ATTENTION ! Il faut adapter ces gestes si on se trouve face à un nourrisson, en commençant par voir si on ne peut pas attraper l’objet soi-même. Il faut aussi utiliser une compression thoracique à la place de la méthode d’Heimlich, en faisant attention à ce que la position de la tête soit plus basse que le corps.



ATTENTION ! Il s’agit ici d’une situation d’obstruction totale. Si elle n’est que partielle, les gestes ci-dessus ne sont pas à reproduire, car ils pourraient aggraver la situation. Il vaut mieux asseoir la personne, être à son écoute pour connaître sa position la moins inconfortable.


L'hémorragie externe : la personne est consciente, elle respire mais elle saigne. L'écoulement ne s’arrête pas. Il faut arrêter l’hémorragie, puis allonger la personne.


Pour arrêter l’hémorragie, il existe plusieurs méthodes. La plus conseillée est la compression manuelle sur la zone concernée, en insérant un tissu pour renforcer la compression.


Dans d'autres cas, la pose d'un garrot peut s'avérer nécessaire, sur le membre supérieur.


ATTENTION ! La pose d'un garrot comporte des risques, pouvant par exemple provoquer la gangrène. C'est un acte médical, il faut donc bien se renseigner sur la méthodologie (À utiliser donc en dernier recours, en notant bien l’heure et en le laissant bien en évidence. Il ne faut aussi jamais desserrer un garrot soi-même).


ATTENTION ! Si un objet est apparent, il ne faut surtout pas l’enlever, au risque d’aggraver l’épanchement de sang. Là encore, faire un garrot.



La perte de connaissance : la personne n’est pas consciente, mais elle respire. Il faut alors s’assurer de bien libérer les voies aériennes en inclinant la tête légèrement en arrière pour que la langue ne fasse pas obstacle à la respiration. Ne pas hésiter à enlever la cravate et déboutonner le haut de la chemise. Puis mettre la personne en position latérale de sécurité ou PLS.



La personne n’est pas consciente et, cette fois, elle ne respire pas. La réanimation cardiaque sera ici nécessaire.


ATTENTION ! Ne pas confondre des convulsions (aussi appelées gasp) avec une respiration.


ATTENTION ! Le facteur temps est primordial.


Il faut bien faire attention à toujours l’exécuter sur un plan dur. Il faut aussi bien appuyer le plus droit possible, bras tendus et coudes verrouillés. Attention à la position des mains.



Le rythme est assez rapide, à raison de 2 compressions par seconde environ : vous pouvez éventuellement chanter dans votre tête le tube des Bee Gees, Stayin’ Alive, pour avoir une idée du rythme.



La réanimation cardiaque doit être couplée avec le bouche-à-bouche. Pour un adulte, on libère les voies aériennes en inclinant la tête légèrement en arrière, on bouche le nez, puis on souffle en faisant bien étanchéité avec sa bouche. Pour un nourrisson, il faut souffler dans le nez et la bouche en même temps, et adapter la force du souffle.


Pour un enfant, un nourrisson (ou même un noyé), il faut toujours commencer par 5 insufflations starters.


Il faut alterner des cycles de 30 compressions et 2 insufflations, pour faire circuler le sang et l’alimenter en oxygène. Chez les enfants/nourrissons, le cycle est de 15 compressions cardiaques et 2 insufflations.



Le cas du défibrillateur (aussi appelé DAE). La pose du défibrillateur doit être la plus rapide possible. Il est utile en cas de fibrillation du cœur, c’est-à-dire quand le cœur bat de façon anarchique, arythmique. Le coeur est rebooté avec un gros choc électrique. Attention, il faut poser les électrodes à même la peau et non sur les vêtements, sur le haut du torse gauche et le côté droit pour les adultes, et au milieu de la poitrine devant et derrière pour les enfants jusqu'à 8 ans.


La pose des électrodes d'un défibrillateur (source : https://www.defibrillateurshop.fr/blog/info-electrodes/)

Certaines applications recensent les lieux qui disposent d'un défibrillateur, comme Staying Alive (disponible pour iOS comme Androïd). Dans le registre des premiers secours, il y aussi l'application de la Croix-Rouge (iOS, Androïd), ou encore l'application ludo-éducative Salvum (iOS, Androïd).


Rappel des positions d'attente :


- La personne est consciente mais respire mal : la position assise ou demi assise facilite la respiration, mais il faut rester à l'écoute de la personne.

- La personne saigne : allongée sur le dos en position strictement horizontale.

- La personne est inconsciente, mais respire : en PLS.


Pour terminer, si jamais vous le souhaitez, vous pourrez toujours vous faire une nouvelle piqûre de rappel à l'occasion de la journée mondiale des premiers secours le 8 septembre de chaque année.


Petite vidéo bonus pour les courageux qui sont allés jusqu'au bas de l'article, avec un tout autre type de manipulation :