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Jour 1 - Larguez les amarres

Préambule. Ce carnet relate les principaux épisodes du premier voyage du navire G-ON, conduit par les capitaines JAN et LACROIX, lors de la pandémie mondiale de Covid-19, officiellement reconnue comme telle par l'OMS le 11 mars 2020. Il s'appuie sur le détail du quotidien de l'équipe (si possible apporté par ses capitaines, ses lieutenants et son équipage....) Le carnet a pour objectif de retranscrire l'image la plus fidèle de leur GRANDE AVENTURE....

Journal des capitaines / An de grâce 2020, mardi 17 mars.


La semaine 11 déjà, nous avions le sentiment que quelque chose allait se passer.... l'instinct des vieux briscards certainement....

Nous faisions déjà passer les messages à notre équipage.... prendre son chargeur.... son PC.... arroser les plantes....limiter les rendez-vous.... se laver les mains.... se brosser les dents.... t'as sorti les poubelles ?

L'excitation montait en nous.... une atmosphère étrange régnait déjà....


Le 16 mars 2020, l'information tomba.... notre Président, dans le but de préserver la santé des plus faibles, limiter la propagation du virus.... nous ordonna de nous confiner.... de limiter nos relations sociales....

Le matin du 16 déjà, l'effervescence des grands départs vers le large se faisait ressentir sur le "G-ON Black Pearl".... Alexandra, Alexandra et Marta descendaient les écrans.... Alejandro repliait les dossiers..... l'équipage confiant était sur le pont....Nous étions prêts.... tout pouvait commencer....


Après avoir réglé les derniers détails, l'appareillage eut lieu le 17 mars 2020.

Nous embarquâmes, chacun à son poste... sachant exactement ce que nous avions à faire et toujours soucieux des autres.... c'était une habitude pour l'équipage du "G-ON Black Pearl".


À suivre, et en avant vers la GRANDE AVENTURE....


Capitaines JAN et LACROIX


Journal de l'ingénieur Comsat / mardi 17 mars


Fichtre. Ce voyage commence bien. Ce matin, à peine étais-je à la poulaine que le capitaine Lacroix vient toquer à la porte. Une urgence, qu'il disait. Pardon chef, mais il n'y a rien de plus urgent qu'un honnête matelot qui dépose une offrande.


Bon, je m'exécute quand même fissa. C'est pas comme si le confort des latrines d'un navire était optimal de toute façon. Je me lave bien les mains avant de sortir. Ah, ce coronavirus... Il y a quand même de quoi devenir germaphobe. En même temps, je me souviens, on parlait déjà du risque pandémique à l'époque du SRAS. Ce n'était déjà alors, pour de nombreux experts, qu'une question de temps avant qu'un virus plus virulent encore ne vienne mettre à mal le mirage de notre toute puissance.


Je ne crois pas pour autant que ça ait freiné la mondialisation. C'est pourtant elle qui explique aussi pourquoi une si petite chose peut parcourir tant de distances en si peu de temps... Peut-être que c'est la leçon qu'on retiendra de l'histoire. On verra. L'amnésie est malheureusement aussi une pandémie qui nous frappe souvent.


J'ai profité de notre échange avec le capitaine pour prendre une photo du dessin qu'il a accroché dans le poste de pilotage. Un portrait du coronavirus réalisé par sa nièce Léna, 10 ans. Je l'aime bien. Car j'y vois une jeune enfant qui se protège, sereine. Et c'est bien ça, le principal.


Tiens, c'est la Saint-Patrick aujourd'hui, et accessoirement mon anniversaire. Avec notre isolement forcé, il n'y a pas vraiment moyen de célébrer. Quoique, un ingénieur communication/satellites comme moi devrait savoir que notre isolement est tout relatif, grâce aux progrès du numérique. La famille, les amis et les compagnons de fortune se sont relayés pour m'envoyer de chaleureux messages. Comme me disait le capitaine Lacroix ce matin, nous devons continuer d'être là, les uns pour les autres.


Alors que nous voguons vers la GRANDE AVENTURE, entre inquiétude, appréhension mais aussi une forme d'excitation coupable face à l'inconnu, conscient de vivre un moment historique, nous savons que c'est ensemble que nous traverserons l'épreuve.