Les voeux dans les yeux

Pour accompagner nos voeux 2019, nous avons choisi une photo de notre collaborateur Ronan Trottier, prise en Inde. On y voit un danseur de Kathakali, drame dansé traditionnel qui nous vient du Kerala. Cette forme artistique se distingue par les couleurs des maquillages et des costumes, mais aussi par son spectaculaire spectacle de l'oculaire. Les yeux, "miroirs de l'âme", sont des interprètes à part entière, qui font l'objet d'un entraînement spécifique.


Danseur de Kathakali, Kerala (Inde, 13 mai 2017). Photo de Ronan Trottier.

Comme son nom l'indique, Le Kathakali (de katha, histoire, et kali, jeu, dans la langue malayalam) est un récit dansé dont le répertoire provient de grandes épopées hindoues.

Son origine est contemporaine de Shakespeare, née il y a quelque cinq siècles, au Kerala, dans le sud de la péninsule indienne.


Certains artistes se forment pendant 12 ans à la chorégraphie et la gestuelle, dans des écoles spécialisées, comme le montre le reportage ci-dessous (sous-titré en anglais). Avec une attention toute particulière accordée aux yeux et à la gestuelle des mains. Et pour cause : les acteurs ne parlent jamais.


Les formes et les couleurs du maquillage répondent à des codes précis, permettant de déterminer le rang des personnages interprétés, mais aussi le sexe, puisque le Kathakali est traditionnellement seulement interprété par des hommes. Aujourd'hui, les femmes intègrent petit à petit cet univers.


Il faut de 3 à 4h de maquillage pour les danseurs. Ce qui est finalement peu de choses quand on sait que les représentation avaient à l'origine lieu dans des temples de 22h jusqu'à l'aube.


En pleine session de maquillage (Inde, 13 mai 2017). Photo de Ronan Trottier.


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