Tops et Flops du Bout du Monde - Episode 4

Mis à jour : il y a 6 jours

Je rentre d’un périple de 158 jours à l’autre bout du monde. La plus grande aventure de ma vie à ce jour. Mais difficile de raconter cinq mois de voyage, et encore plus difficile de rentrer dans un pays confiné sans pouvoir vraiment partager toutes ces expériences avec sa famille, ses amis, ses collègues. Heureusement, G-OFF est là et j’ai décidé de partager avec vous mes meilleurs moments, mais aussi les pires…


Octobre. Il pleut, il fait froid, et il n’y a qu’Alexandra pour s’en réjouir ! Les vacances et la chaleur de l’été sont bien loin maintenant et qui sait quand nous pourrons bien repartir en voyage…Je vous propose, pour patienter, quelques nouvelles anecdotes de voyage, ses bonheurs et bien sûr ses quelques galères qui pimentent l’aventure.


Commençons par un premier sujet pratico-pratique : le transport. Vous savez, on dit que l’important, ce n’est pas la destination mais le chemin pour y parvenir tout ça tout ça… Oui mais, parfois, on aimerait quand même bien que ça se finisse. Vite. SVP. Pitié !!! Les 24h d’avion pour débuter le périple, déjà, ça vous met en jambes. Mais ce n’était rien....


… Par rapport au scooter au Myanmar ou en Thaïlande par exemple. Aux antipodes de certains accros de vitesse et liberté, je n’ai guère apprécié mes premières expériences sur ces engins. Déjà, à la longue, ça fait trop mal aux fesses. Ensuite, nous avons privilégié cette solution pour aller dans des endroits plus difficiles d’accès où nous ne pouvions pas compter sur les tuk-tuks. Difficile d’accès, en fait ça veut dire que des fois, tu te retrouves non plus sur une route (pleine de trous) mais sur une véritable piste de motocross ! Mon mantra pendant ces épreuves : se cramponner (de toutes ses forces), ne pas tomber, ne pas crever, ne pas bousiller le scooter, se cramponner, ne pas tomber… J’en ai encore des sueurs froides.



Vient le bus au Népal ensuite. Ça vous secoue sur des routes de montagnes pourries (je ne vous ai pas dit, je suis malade sur les routes de montagne), à 30 km/h de moyenne, pendant 10h, avec un passager à 1m de moi qui aura passé plus de la moitié du trajet à vomir. C’est long (et je suis incapable de dormir dans les transports).


Pas de photos, vraiment, ça vaut mieux.


Avant ça, il y a eu notre nuit mémorable dans un bus entre Pushkar et Jaisalmer. Nous, première fois qu’on prend ce genre d’engin… on aurait dû se méfier davantage, ou du moins se préparer. Contexte : Inde, mois de décembre, il fait froid, nous avons réservé des places en couchette dans un bus de classe basique (j’aimerais dire ras-les-pâquerettes mais je suis sûre qu’il y a pire…). Déjà, ça commence par une bonne demie-heure de retard, bon, normal. Quand le bus arrive enfin au son tonitruant d’un klaxon qu’on croirait volé à un clown, nous n’avons que quelques secondes pour sauter à l’intérieur, trouver notre place, y balancer nos sacs parce que nous ne voyons pas les emplacements bagages, et nous serrer dans notre cocon pour les 8 heures à venir. Le bus s’ébranle alors dans la nuit, et là je comprends que ça va être un cauchemar.


Le chauffeur conduit comme un fou sur la route défoncée, prend ses virages à fond, et klaxonne en permanence. Je tressaute sans arrêt sur ma couchette, au point de ne pas réussir à retrouver une respiration normale. Et ce maudit klaxon que je ne pourrai plus jamais entendre sans avoir une boule au ventre… Ensuite, il y a eu le froid. Il n’y avait pas de chauffage, pas de couvertures (et nous n’en n’avions pas dans nos paquetages) et surtout les fenêtres laissaient passer un charmant courant d’air froid. Même avec l’intégralité de nos vêtements sur le dos, nous avons grelotté toute la nuit. Bref, une nuit blanche plus tard, arrivés à destination où, après avoir escaladé les montagnes de paquets apparues par magie dans l’allée du bus, nous tombons nez à nez avec les traditionnels rabatteurs ("Guesthouse, treks, pas cher…”). Pour une fois, ils tombent bien ceux-là : transport jusqu’en ville et thé chai en terrasse gratis en admirant le lever de soleil sur la cité dorée de Jaisalmer (et après, on les a abandonnés pour partir à l'aventure).



Heureusement, tout s’est toujours bien terminé et nous rions maintenant de ces expériences pas très agréables sur le coup. Certains trajets ont quant à eux été fort plaisants, et le meilleur de tous, à mes yeux, est notre vol de retour Tokyo-Paris. Nos vols initiaux ayant été annulés pour cause de pandémie, nous avons dû prendre un des vols de rapatriement Air France. Jamais je n’aurais cru que les 12h de vol passeraient si vite. Déjà, nous voyagions avec un couple d'amis français rencontré au Népal, dans un de ces fameux bus de montagne (je vous raconterai cette histoire une autre fois). Ensuite, figurez-vous que l'avion était presque vide : seulement 53 passagers pour un appareil pouvant en accueillir près de 500 ! Le personnel de bord était du coup aux petits soins pour nous (même les mascottes ont eu droit à leur plateau repas !) et nous avons beaucoup discuté et ri ensemble. Ajoutez à cela le super service Air France (apéritif au champagne, snacks à volonté…), et la magie des paysages glacés que nous survolions, et vous obtenez le meilleur vol de ma vie. Je ne peux pas en dire autant du RER B que nous avons pris pour regagner Paris. Ça, ça ne m’avait pas du tout manqué !



Pendant ce voyage itinérant, après ma principale préoccupation : ”où / quand / qu’est-ce qu’on mange ?”, revenait la sempiternelle question : où est-ce qu’on dort ? Et là franchement, vive les smartphones et la 4G ! Si la technologie nous a en général permis de trouver des hébergements de bon rapport qualité-prix, le standing était parfois bien éloigné de ce à quoi nous sommes habitués en Europe.


La pire nuit pour moi fut sans conteste celle que je viens de vous narrer dans le bus de nuit pour Jaisalmer, double flop ! Mais celle que nous avons passée ensuite à Jaisalmer n’était pas dans un cadre des plus folichons. Suite à un gros foirage sur la réservation et une affluence importante en ville en raison du nouvel an tout proche, nous nous sommes retrouvés dans une chambre un peu loin du mythe des 1001 nuits. Sans fenêtre, avec une porte à cadenasser qui ne fermait pas, la chambre donnait sur une sorte de hall où dormait le personnel de la guesthouse à même le sol (ok par rapport à eux, on n'était pas à plaindre). Il y avait de gros trous dans le mur donnant sur ce même hall, tout justes obstrués par des cartons qui, bien sûr, n’isolaient ni de la lumière, ni des bavardages tardifs du personnel. Après, on était fatigués, on a dormi (les bouchons d’oreilles sont devenus mes meilleurs amis !). Allez, dernier détail sympa pour la route, les toilettes (cracra comme il se doit) étaient accessibles sur le toit au moyen d’une escalade sur 2 étages (les marches m’arrivaient au genou quand même). Cette expérience peu satisfaisante aura au moins eu le mérite de nous apprendre comment procéder pour réserver nos chambres en Inde, et dans les pays suivants.



Relevons enfin quelques problèmes de plomberie généralisés du côté de l’Inde, du Népal et du Myanmar. Il ne fut pas rare de nous retrouver les pieds mouillés juste en nous lavant les mains (non, je ne suis pas si maladroite !). C’est juste que là-bas, les DTU ils connaissent pas, et que souvent le tuyau d’évacuation du lavabo s’arrête au niveau du sol de la salle de bain, l’eau étant ensuite censée s’évacuer librement vers un autre tuyau dans un coin, qui recueille également l’eau de la douche (les siphons de sol non plus, ils connaissent pas). Vous avez tout saisi ? Pas grave, je vous ferai un dessin si vous voulez. Il y a également eu quelques chasses d’eau qui ne marchaient pas, et que j’ai parfois tenté de rafistoler, avec plus ou moins de succès. Un autre truc qui m’a bien plu, c’est quand l’hôtel te demande d’économiser l’eau, mais que tous ses robinets et raccords fuient… Enfin, le bide ultime pour moi (du moins sur cette catégorie plomberie), c’est quand on est arrivés au Népal, qu’il faisait bien moche et froid avec de la boue partout, et qu’en raison du mauvais temps, les panneaux solaires n’avaient pu produire de l’eau chaude. Grosse tristesse... Autant pour se laver, c’est facile de s'arranger avec un gant. Mais pour se faire un shampoing, pas le choix, c'est la douche froide, brrr … J’ai bien regretté mes cheveux longs !


Fort heureusement, nous sommes aussi souvent bien tombés et certains hébergements ont été mémorables pour moi. Déjà, dans la rubrique des petits conforts qui font du bien, j’appelle les Japonais, rois de la débauche énergétique avec (notamment) leurs WC ultra sophistiqués. Oui, mais qu’est ce que c’est bien, leurs cuvettes chauffantes… Et on s’y habitue si vite… J’ai eu du mal à en faire le deuil.


Au Myanmar, en arrivant au lac Inle après un trek de 3 jours, nous avons cassé la tirelire et choisi un hôtel trop bien à 18€ la nuit (eh ouais, nous on est des fous !). Entre le cadre charmant, les multiples attentions du personnel, les supers petits dej’, le confort de la chambre, on s’est sentis comme des pachas, et ça fait du bien après 3 mois plutôt roots (c’est que habituellement, j’aime tellement mon petit confort !).



Toujours au Myanmar, j’ai particulièrement aimé notre excursion au bout de la péninsule de Dawei. Nous logions dans une cabane à quelques dizaines de mètres d’une des splendides plages de la mer d’Andaman, un vrai paradis perdu. Imaginez, vous êtes coupés du monde (pas de réseau, seulement quelques heures d’électricité par jour), vous êtes douillettement installés, et vous vous endormez bercés par le son des vagues…



Enfin, achevons ce classement par la nuit que j’ai trouvée la plus magique : celle passée au clair de lune, sous le ciel étoilé du désert du Thar. Souvenez-vous, Jaisalmer en Inde et ses quelques déconvenues... La première raison pour laquelle nous nous y rendions était de faire un trek en dromadaire dans le désert. Cette expérience fut pour moi fantastique : la découvert des dunes, le repas autour du feu, et la nuit emmitouflée sous une montagne de couvertures, à ne pas pouvoir détacher mon regard de la fresque merveilleuse au-dessus de ma tête...



Ça y est, vous rêvez ? Que diriez-vous de voir quelques photos de plus des trucs parmi les plus dingues (ou WTF) qu’il m'ait été donné de voir ?


Lors de notre escale à Bagan, ville du Myanmar célèbre pour ses milliers de temples (vous savez, ceux avec les montgolfières !) nous avons vu... ben des temples ... oui mais pas que. Un jour que nous nous promenions un peu en dehors des sentiers battus sur les berges du fleuve Irrawaddy, nous sommes tout à coup tombés nez-à-nez avec un bateau… en plein milieu d’un champ de maïs ! Certainement arrivé là à la suite d'une brusque montée des eaux il y a quelques années. Je n’ai pu apprendre quoi que ce soit à son sujet, ce qui le rend d’autant plus intriguant.



Une autre chose que je n’ai pas trop comprise, c’est l’étrange passion des Japonais (des Thaïlandais aussi d’ailleurs) pour tout ce qui est fluo, flashy, kitsch. Combien de fois ai-je pu m’estomaquer : “mais ils sont fous, ces Japonais !”



Au Myanmar de nouveau, près de la ville de Monywa se cachent mille merveilles parmi lesquelles trois Bouddhas géants. Le premier, couché, fait dans les 90 m de long. Le second, debout, avait pour ambition d’être le plus haut du monde avec ses 130 m de haut et 28 étages visitables (en vrai, je ne sais pas combien il mesure, les sources divergent). A l’heure actuelle, il n’est plus que le 3e plus haut du monde. Enfin, le dernier, assis, est encore en construction. A cette démesure s’ajoute également le temple au demi-million de Bouddhas (si si, j’ai compté !!!). À peine arrivée sur place, j’étais bluffée par toutes ses vives couleurs. Et à y regarder de plus près, les Bouddhas étaient bien là, partout, à l’extérieur, à l’intérieur, du sol au plafond. Les Myanmarais aussi, ils sont fous !



Enfin, je décerne la palme du monument le plus déjanté au temple blanc Wat Rong Khun en Thaïlande. Œuvre de l’artiste thaïlandais Chalermchai Kositpipat, ce temple est à la fois un hommage à l’ancien roi du pays, un lieu de prière et une métaphore assez caricaturale (c’est mon avis) du bouddhisme et de l’art religieux thaïlandais. Tout ça en fait une parfaite attraction touristique. À mon sens, c’est un peu le Disneyland du bouddhisme. L’ensemble est époustouflant, mais le plus intéressant pour moi sont tous les petits détails et symboliques derrière chaque sculpture ou peinture. A l’intérieur se trouve ainsi une immense fresque truffée de héros modernes. Bref une super visite, et une merveille à photographier ^^.




Marine



Bonus : allez, un peu de rab, pêle-mêle !


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